Destinée et méthodes de propagande religieuse d’Âsia (as), épouse de Pharaon



Âsia signifie « celle qui guérit ». Âsia (as) compte parmi les quatre femmes d’élite pour la religion islamique. Son nom dérive d’Amenia, la reine d’Egypte (1) . Selon le Coran et les hadiths islamiques, Âsia (as) est l’épouse du pharaon contemporain à Mûsâ (as). Les historiens la présentent comme une femme appartenant à la tribu des Banî Isrâ’îl (2) et comme l’épouse de Ramsès II (1304 – 1237 avant Jésus-Christ (as)), ce pharaon ayant vécu à la même époque que son Excellence Mûsâ (3) (as). Selon le Coran, Âsia (as) est présente lorsque l’on sort Mûsâ (as) du fleuve et persuade Pharaon de lui laisser la vie sauve. Selon la croyance des musulmans, Âsia (as) est l’une des premières personnes à avoir foi en la religion de l’unicité de Mûsâ (as). Les musulmans considèrent Âsia (as) comme une des quatre saintes femmes d’élite.

Âsia (as) fille de Mozâhim dans la mythologie coranique et islamique

Dans le Coran, seules deux femmes mythiques sont appelées par leur nom, il s’agit de Maryam (as) (la mère de ‘Isâ Masîh / Jésus-Christ (4) (as)) et de Maryam (as) (la sœur de Mûsâ (as) et de Hârûn (as)), ce qui témoigne du bas statut qu’occupe la femme dans la péninsule arabique. Dans les hadiths islamiques, le nom d’Âsia (as) est également cité en rapport avec Mûsâ (as). Ces trois personnes, ou ces deux personnes mythiques partagent l’apparentée symbolique au myrte (âs / آس). Ainsi, il semble que le nom d’Âsia (as) concorde avec celui d’Âsnâs qui compte pour être la femme mythique de Yûsuf de Kan‛ân (5) , tandis que le nom du père d’Âsia (as) – Mozâhim (celui qui est dans la souffrance et la peine) – confirme cette interprétation. Si nous nous appuyons sur la tradition mythique de la Thora, les Hyksôs (les souverains étrangers) ou les rois bergers hébreux ont été emmenés en Égypte au titre d’esclaves. Cependant, et malgré la présence à leurs côtés en Égypte d’une multitude de sujets, les sources égyptiennes se taisent sur ce point, aussi cela n’est en rien confirmé. Quoi qu’il en soit, le prénom Âsia, ou Myrrha / Myra, est lié au myrte (Myrrha, le nom de la mère d’Adonis, le Dieu des Phéniciens), tandis que Maria, signifie « sainte » en araméen et serait apparemment la déesse de l’arbre sacré qu’est le myrte, il correspond à la ‘Azzi des Arabes (Hâjar, Nâ’ila, Imara) relatif à la déesse honorée et sacrée du règne végétal (Omm Ghaylân, Aqâqia). Cela dit, Maryam, en tant que sœur de Mûsâ (le Dieu des Mitanniens (6) ) et de Hârûn (les Hûryân forment l’union des tribus Hyksôs), fille de ‘Imrân (à l’origine, les Âmûrî formaient une grande tribu sémitique faisant partie de l’union des tribus Hyksôs), tient son nom du peuple de Mârî qui, lors de la constitution de l’union des tribus Hyksôs (les rois bergers, les compagnons de Ras (ashâb al-ras / اصحاب الرس) dont parle le Coran), s’est emparé de l’Egypte, et ce jusqu’à l’époque du Pharaon Ahmosé. On considère que le nom des gens et de l’État de Mârî proviennent de celui d’une déesse nommée Mâra ou Mârya (« sainte ») dont la statue sans tête de l’époque antique, à laquelle on a donné le nom d’Ishtâr, a été retrouvée dans les ruines de la magnifique ville de Mârî.

En fin de compte, après un siècle et demi, soit au milieu du seizième siècle avant Jésus-Christ, le chef copte de la grande Égypte conduit les Hyksôs hors du pays par Ahmosé, avec à leur tête leur dernier chef, soit Kâmûsâ (l’esprit qui est le compagnon du Dieu Mîtha, Mûsâ (as), Kalîm al-Lâh (7) ) et le pourchasse, lui et les sujets des Hyksôs, jusqu’en Palestine (Felestîn / فلسطين). Au sujet du nom Ishtâr (« eau en abondance »), elle est connue pour être la déesse adorée des Indiens, des Iraniens et des Grecs, dans l’ordre sous les noms de Sarasvatî (« eau en abondance » = afghân / افغان), Ardavi-Sura Anâhita (« la déesse pure des eaux montantes »), et Aphrodite (« sortie de l’écume »). Par conséquent, Âsia (as) fille de Mozâhim, la protectrice de Mûsâ (as), est également à l’origine cette même Mârî, la déesse des gens de Mârî. Ces gens ont eu une vie glorieuse dans la ville de Mârî, sur la rive de l’Euphrate du côté de la Syrie, jusqu’à leur défaite face à Hammurabi. Cependant, les noms sémitiques de leurs chefs n’étaient pas hébreux non plus. En réalité, les Hébreux (le peuple juif) se sont totalement attribué l’histoire de la plupart des Hyksôs ayant émigré en direction de la Palestine, or, vu avec les critères actuels, cela ressemble fortement à un vol littéraire de l’histoire.

Le nom d’Âsia (as) dans le noble Coran

Dans le noble Coran, il est deux fois question de cette Dame, sans que son nom soit cité. La première fois concerne le récit du moment où Mûsâ (as) est tiré des eaux du Nil, dans la sourate Al-Qasas (Le récit ; 28 : 9). Nous pouvons lire : « La femme de Pharaon dit : ‘Joie de nos yeux ! Ne le tuez pas ! Peut-être nous sera-t-il utile ou le prendrons-nous pour fils.’ Ils ne pressentaient rien. » La seconde fois, il s’agit du moment où Mûsâ (as) demande à Dieu de la sauver de Pharaon et de son peuple cruel, et de lui octroyer le paradis : « Dieu a proposé en exemple aux croyants la femme de Pharaon, quand elle dit : ‘Mon Seigneur ! Construis-moi, auprès de Toi, une maison dans le Paradis. Sauve-moi de Pharaon et de son œuvre ! Sauve-moi du peuple injuste.’ » (sourate Al-Tahrîm (L'interdiction) ; 66 : 11). La plupart des exégètes, commentant ces versets, affirment que la Dame en question est bien Âsia (as).

Quoi qu’il en soit, il est avéré que le nom de la femme de Pharaon est Âsia (as) et que le nom du père de celle-ci est Mozâhim. Il est dit que lorsqu’Âsia (as) voit le miracle de Mûsâ (as) face aux magiciens, le fond de son cœur brille de la lumière de la foi. Dès cet instant, elle a foi en Mûsâ (as) et dès lors dissimule sa foi en permanence. Mais la foi en Dieu et l’amour pour Lui ne sont pas de nature à demeurer continuellement cachés. Lorsque Pharaon est informé de sa foi, il lui en fait maintes fois l’interdiction, insistant pour qu’elle se dessaisisse de la religion de Mûsâ (as) et abandonne le Dieu de ce dernier. Cependant, cette femme douée de fermeté ne se plie jamais à la demande de Pharaon. En fin de compte, Pharaon ordonne que ses mains et ses pieds soient entravés par des clous, qu’elle soit laissée à la merci du soleil brûlant et que l’on jette de grosses pierres sur sa poitrine. Aux tous derniers instants de sa vie, voici l’invocation qu’elle fait : « Ô Seigneur ! Edifie pour moi une demeure dans le paradis, à proximité de Toi. Délivre-moi de Pharaon et de ses actes, sauve-moi de ce peuple cruel ! » Aussi, Dieu exauce l’invocation de cette femme croyante, sincère et dévouée, la plaçant auprès des meilleures des femmes du monde, telle Maryam (as). On voit dans ces versets qu’elle est placée au même niveau qu’elle.

Dans la phrase : « Mon Seigneur ! Construis-moi, auprès de Toi, une maison dans le Paradis », Dieu le Glorifié résume ce qu’est l’ensemble des souhaits qu’un serviteur méritant exprime au cours de la voie le conduisant à la servitude, parce que lorsque la foi d’un individu parvient à sa complétion, l’apparent et le caché s’accordent, son cœur et sa langue sont à l’unisson. Un tel individu ne dit que ce qu’il fait et ne fait que ce qu’il dit, il ne conçoit pas en son cœur de désir, ni n’exprime par sa bouche de demandes qui soient autres que ce qu’il recherche en actes. Comme Dieu le Très-Haut se sert de l’état de cette Dame comme d’un exemple, et désigne son degré spécial de servitude, Il rapporte l’invocation qu’elle fait oralement, ce qui prouve en soi que son invocation est tel le vêtement de sa servitude et que, tout au long de sa vie, c’était là le vœu qu’elle faisait : elle demandait que Dieu le Très-Haut lui édifie une demeure au paradis, et qu’Il la sauve de Pharaon, de ses actes, et de l’ensemble des tyrans. Ainsi, l’épouse de Pharaon demande la proximité de la miséricorde de son Seigneur, elle souhaite être auprès de Dieu et donne la préférence à la proximité de Dieu sur la proximité (8) de Pharaon, et ce malgré le fait que la proximité de Pharaon conduise à l’ensemble des plaisirs, car à sa cour, tout ce que le cœur désire se réalise, et même ce que l’être humain ne peut concevoir y est accessible. De ce fait, il est évident que si l’épouse de Pharaon a renoncé aux plaisirs de la vie, cela n’est pas dû au fait qu’elle ne soit pas en mesure de les atteindre, au contraire, alors même que tous ces plaisirs sont à sa disposition, elle y renonce pourtant, et ce afin de s’attacher aux générosités qui se trouvent auprès de Dieu et à se rapprocher de Lui. Elle persiste dans sa foi jusqu’à la mort. Ce pas vers Dieu que l’épouse de Pharaon franchit sur la voie de la servitude est un pas qui peut représenter un modèle pour l’ensemble de ceux qui cheminent sur cette voie. C’est pour cette raison que Dieu le Glorifié résume son vœu et son action déployée au cours de sa vie en une supplique brève, une supplique qui n’a pas d’autre signification que couper les liens de la totalité des préoccupations terrestres, et de tout ce qu’un être humain fait lorsqu’il est ignorant quant à Dieu. Elle a pris refuge en Dieu et n’a aucun autre souhait que d’être auprès de Lui, que de disposer d’une demeure auprès du Seuil de Sa générosité. Il dit : « L’épouse de Pharaon » et fait ainsi d’elle un exemple pour les croyants. Selon ce qui apparaît dans les hadiths, le nom de cette Dame est Âsia (as). « Mon Seigneur ! Construis-moi, auprès de Toi, une maison dans le Paradis. » Dans cette invocation, elle demande une demeure qui soit à la fois auprès de Dieu et à la fois au paradis, et ce parce que le paradis constitue la demeure du voisinage divin, à proximité du Seigneur des mondes, comme Dieu le Très-Haut le dit Lui-même : « Ne crois surtout pas que ceux qui sont tués dans le chemin de Dieu sont morts. Ils sont vivants ! Ils seront pourvus de biens auprès de leur Seigneur. » (sourate Âl-e ‘Imrân (La famille de 'Imrân) ; 3 : 169). En sus, être dans la proximité de Dieu le Très-Haut constitue une générosité spirituelle, tandis que l’établissement au paradis constitue une générosité formelle, aussi il est donc naturel que le serviteur de Dieu veuille les deux. « Et sauve-moi du peuple injuste. » Elle désigne ici par peuple injuste le peuple de Pharaon, et en réalité, cette invocation exprime une autre aversion qui est elle à l’égard des sujets de Pharaon : elle demande à Dieu le Très-Haut de la sauver de la communauté tyrannique, de même que dans la phrase précédente elle demande à être sauvée de sa famille en particulier.

Conformément aux versets cités et aux hadiths islamiques, en dépit du fait qu’elle vive à la cour de Pharaon, Âsia (as) a foi en un Dieu Unique, et lorsque Mûsâ (as) accède à la prophétie, elle a également foi en lui bien qu’elle dissimule sa croyance. Un événement survient et Pharaon découvre sa foi. Il lui demande d’abandonner son adoration du Dieu Unique, ce qu’Âsia (as) n’accepte pas. Pharaon ordonne alors qu’on la supplicie. Selon un hadith, au terme des sévices qui lui sont infligés, on lâche un rocher sur elle, mais son esprit quitte son corps avant que le rocher ne l’atteigne. Face à des femmes comme les épouses de Lût (9) (as) et de Nûh (10) (as) qui sont restées mécréantes bien qu’elles aient fréquenté des prophètes de Dieu (as), le noble Coran cite Âsia (as) en tant que modèle pour les femmes vertueuses et monothéistes, qui en dépit de vivre au sein d’un environnement souillé par la mécréance, n’abandonne pas sa foi en le Seigneur. Il est rapporté du Prophète de l’islam (as) qu’Âsia (as), à l’instar de Maryam (as), Khadija (as) et Fâtima (as), compte parmi les meilleures femmes du paradis. Selon un autre hadith du noble Prophète (s), durant l’époque préislamique, trois personnes n’ont jamais été mécréantes : il s’agit du croyant parmi les sujets de Pharaon, de ‘Alî ibn Abî Tâleb (as), et d’Âsia (as) l’épouse de Pharaon (Sadûq, 192 ; Tabarsî, 10/319).

Le martyr d’Âsia (as)



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