Pourquoi les chiites maudissent-ils les compagnons et les califes ?



L’un des problèmes auxquels le chiisme est confronté depuis toujours jusqu’à nos jours (comme prétendent les ennemis di chiisme) concerne l’attitude qu’ils adoptent pour dissimuler leur haine vis-à-vis des compagnons du Prophète (ç). Or tout ceci n’est que pure allégation car les chiites considèrent les compagnons comme les porteurs et les diffuseurs de la législation islamique. Le Coran déclare : « Mohammad est le Messager de Dieu, Lui et ceux qui sont avec Lui sont sévères vis-à-vis des impies et indulgents entre eux. Tu les voies s’incliner et se prosterner devant Dieu… » Les Imams (as) chiites font aussi les éloges des compagnons. L’Imam Ali (as) dit : « J’ai vu les compagnons du Prophète (ç), mais Je ne vois aucun de vous leur ressembler. Ils se levaient très tôt, les cheveux en désordre et le visage couvert de poussière. Ils passaient toute la nuit jusqu’au matin en train de se prosterner et se relever pour adorer Dieu. L’Imam Sajjad (as) faisait beaucoup d’invocations pour les compagnons.

Bref, les compagnons sont pour les chiites semblables aux autres personnes en ce qui concerne la justice. Certains étaient justes et d’autres ne l’étaient pas. On ne peut pas concevoir que tous les compagnons qui ont vécu avec le Noble Prophète (ç) étaient des hommes justes ou le sont à tout jamais. Aussi longtemps que leur vie ne reflète pas celle du Prophète (ç), le fait de l’avoir côtoyé n’a rien à voir avec leur comportement juste et intègre. La biographie du Noble Prophète (ç) constitue le critère de distinction des compagnons. Tout compagnon dont le comportement s’accorde aux critères islamiques est juste et celui dont le comportement est contraire à cela est non juste.  Le Saint Coran, la sunna et les faits historiques s’accordent sur ce point de vue. Les preuves historiques que nous avons citées dans la réponse détaillée appuient aussi cette position

Les chiites sont toujours confrontés à ce problème selon lequel ils dissimulent leur haine vis-à-vis des compagnons du Noble Prophète (ç) (comme l’affirment les ennemis du chiisme). Tout ceci n’est qu’une allégation loin de la vérité et nous allons l’analyser sans aucune discrimination ni fanatisme. Les chiites expriment un respect total envers les compagnons du Prophète (ç). Comment éprouver de la haine envers les compagnons alors qu’ils sont les porteurs du message et de la lumière de Dieu pour l’humanité ? Ceux-là qui ont défendu et soutenu le Prophète (ç) en combattant à ses côtés. Comment manifester de la haine envers des personnes dont Dieu a fait les éloges dans le Saint Coran : « Mohammad est le Messager de Dieu (ç) Lui et ceux qui sont avec Lui sont sévères vis-à-vis des impies et indulgents entre eux. Tu les voies s’incliner et se prosterner devant Dieu, rechercher Sa grâce et Son agrément. Les traces de prosternation se voient sur leur visage. C’est ainsi qu’ils apparaissent dans la thora et leur description dans l’évangile est comparée à une semence qui laisse sortir ses pousses, et se renforce, puis grossit et s’affermit sur sa tige. Elle fait alors la joie de celui qui l’a semée.  Par les croyants Dieu suscite la colère dans les cœurs des impies. Dieu promet pardon et magnifique récompense aux croyants  qui font de bonnes œuvres (utiles à la société et pour la cause de Dieu) »[1]. Les compagnons ont aidé Dieu et son Prophète (ç), instauré sa religion, fixé les bases de l’Etat islamique et vaincu l’obscurantisme[2].

L’Imam et le guide des chiites déclare à propos des compagnons du Prophète (ç) : « J’ai vécu avec les compagnons du Prophète (ç), mais aucun de vous ne leur ressemble. Ils se levaient très tôt, les cheveux en désordre et le visage plein de poussière. Ils restaient du soir au matin à adorer Dieu, multipliant prosternation et station débout. Ils frottaient leur fonds et leurs joues sur la terre et éprouvaient de l’inquiétude par rapport au jour du jugement comme s’ils étaient sur le feu même. Tellement ils duraient dans les prosternations que leurs front avaient finir par s’indurer (on dirait la callosité sur les genoux des chèvres). Dès qu’ils entendaient le nom de Dieu ils se lamentaient tellement que leurs cols s’enflaient et ils tremblaient comme un arbre agité par un vent fort pour le châtiment qu’ils redoutaient ou la récompense qu’ils espéraient[3]. Il dit aussi : « Où sont mes frères dans la voie de la vérité qui sont partis alors qu’ils étaient dans la vérité ? Où est Ammar ? Où est Ibn Tayhan ? Où est Zou Shahadatein ? Où sont les frères qui sont pareils à ceux qui ont prêté le serment militaire, envoyant ainsi leurs têtes dans la voie de Dieu et leur corps pour les tyrans ? Naof le rapporteur du discours : « L’Imam tint sa barbe par la main et pleura un long moment » puis dit : « Où sont mes frères qui lisaient le Coran, jugeaient selon ses préceptes, méditaient et accomplissaient leurs obligations ? Ils ont instauré la tradition divine, combattu les innovations, répondu présent à l’appel au jihad. Ils avaient foi en leur guide qu’ils suivaient »[4].

L’Imam Sadjad (as) adresse aussi des prières aux compagnons du Prophète (ç) dans Sahifat ul sadjadiyya en ces propos : « ô mon Dieu ! Fait preuve de considération et de pardon, envers ceux qui ont suivi les messagers à toute époque et à tout moment et confirmé du fond du cœur leur authenticité (alors que certains les déniaient obstinément avec des allégations). Ceux qui par leur foi sincère désiraient ardemment la venue des émissaires pour chaque Prophète (ç) ou guide que tu as envoyé pour chaque peuple (depuis Adam, le père de l’humanité jusqu’à Mohammad) les Imams qui guident sur le droit chemin, et les promoteurs de la vertu et la piété. O Seigneur ! Soit particulièrement clément envers les compagnons de Mohammad, ceux qui se sont bien comportés et ont bien agi en sa compagnie, ceux qui ont bravement passé leur soutien envers lui et réagi convenablement, ceux qui dans leur soutient envers lui ont réagi convenablement, et se sont surpassés pour répondre favorablement à son appel. Ceux-là qui se hâtèrent de lui donner l’allégeance et le soutenir pour annoncer sa parole dès qu’il leur exposa les arguments de son message. Ceux-là qui se séparent de leurs épouses et leurs enfants afin de porter haut les idéaux de l’islam allant jusqu’à se battre contre leurs pères et fils pour consolider et renforcer la mission du Prophète (ç) qui leur permit d’accéder à la victoire. Ceux qui, éprouvant de l’affection et de l’amour pour Lui avaient fait un investissement qu’ils espéraient ne pas se solder par une perte ou des dommages. Ceux qui furent bannis de leur clan parce qu’ils étaient restés attacher à lui. Ceux qui se réfugièrent en lui alors que leurs parents et proches les avaient reniés. Seigneur ! N’oublie pas ce qu’ils abandonnèrent pour Toi et par Toi et fait en sorte qu’ils se réjouissent de ton plaisir pour les créatures qu’ils purent rassembler pour Toi et conduire vers Toi. Récompense-les pour avoir abandonné leurs villes et leurs peuples pour Toi, pour avoir quitté l’abondance pour une vie austère. Montre Ta gratitude envers ceux que Tu as joints à ce groupe qui endura des difficultés et attribue à ceux qui ont suivi les pas des compagnons de Mohammad une grande récompense de valeur. O Dieu pardonne-nous ainsi que nos frères qui sont restés près de nous parce qu’ils avaient foi en Toi ».[5]

Les savants chiites ont du respect pour le statut particulier des compagnons. Shahid Sadr dit : « les compagnons ont été les portes étendards des croyants, les éclaireurs et la meilleure semence pour l’évolution de la communauté islamique, même comme l’histoire de l’humanité n’évoque pas la mémoire d’une génération de meilleurs croyants et d’élites pures parmi les compagnons que le prophète Mohammad (ç) a éduqués ».[6] Certes nous avons des divergences avec les sunnites juste parce que nous répartissons les compagnons et ceux qui ont vécu avec le prophète en catégories et selon les critères coraniques.

1 -  Les groupes des premiers compagnons c’est-à-dire : « les premiers compagnons qui ont émigrés à Médine avec le Noble Prophète (ç) (Mouhajirine), ceux qui les ont reçu à Médine (Ansâr) et ceux qui les ont suivi dans le bien, Dieu est fiers d’eux et ils sont fiers de Dieu. Sont prévus pour eux au paradis des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux sous les arbres. Il y demeureront éternellement et ça c’est un grand triomphe »[7].

2- Ceux qui ont donné l’allégeance au prophète (ç) sous l’arbre  (« Dieu a été fiers des croyants qui t’ont donné l’allégeance sous l’arbre. (À Houdaybiyyah). Il connait ce qu’il y a dans leurs cœurs. Il a fait descendre sur eux la quiétude et leur a accordé une victoire proche »)[8].

3- Les donateurs et les combattants pour la cause de Dieu avant la conquête de la Mecque (« Ceux qui ont fait don avant la victoire et combattu ne sont pas pareils à ceux qui l’ont fait après la victoire. Ils ont un rang plus élevé que ceux qui ont fait don après la victoire et combattu. Dieu a fait des bonnes promesses aux deux groupes et ils est parfaitement au courant de tout ce que vous faites »)[9].

Face à ce groupe d’élites et de personnalités de valeurs, le Saint Coran évoque un autre groupe largement différent :



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